Visite de la station d'épuration de Livery

Compte-rendu de la visite de la station d’épuration de LIVERY  le 7 novembre 2014

Conférencier : Bertrand CRESPEL responsable de la STEP de LIVERY

DECOS : 22 participants

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 Nous avons programmé cette sortie-visite de la station de Livery pour faire suite aux sorties programmées en 2013 sur le traitement de nos déchets domestiques (à Couëron et à Vannes). La protection de notre environnement et les luttes contre les pollutions passent par des actions au quotidien. Il est important d’en prendre conscience et de les comprendre.
Après le traitement des ordures, la gestion des eaux usées (collectées par le réseau spécifique d’eaux usées) est un défi de haut niveau que les collectivités doivent assumer, sans erreur et sans complaisance.

Historique :

Avant la création de la station d’épuration en 1975, toutes les eaux usées allaient directement en mer sans aucun traitement. C’est seulement depuis 1976 que les eaux collectées ont été progressivement traitées à Livery par un traitement physico-chimique et une chloration avant rejet en mer. Depuis  mars 2007, mise en service de la station d’épuration aux normes actuelles, 5 millions de m3 sont traités annuellement pour les communes de Guérande, La Baule, Le Pouliguen, Le Croisic et Batz.

Production et retraitements de la STEP :

La station peut traiter  jusqu’à  2 200 m3 par heure, 37 900 m3 par jour l’hiver, 30 200 m3  par jour en été. Elle emploie 3 personnes à temps plein, 1 à temps partiel, de plus un service maintenance est à disposition en cas de problème technique .

- A l’arrivée à la station ,  deux dégrilleurs permettent de débarrasser l’eau usée des plus gros déchets, les détritus sont compactés, mis en benne puis envoyés au centre de traitement de Saint Herblain, ces déchets sont des DIB (déchets industriels banals) . Ils  représentent environ  100 tonnes par an.

- Ensuite les eaux passent par un bassin de déshuilage et de dessablage où l’on retrouve moins de 5% de matières organiques dans le sable. Ce sable part ensuite en traitement à St Herblain. Huiles et graisses sont traitées sur place ce qui représente plus de 1 115 tonnes  traitées par an, certaines viennent aussi de l’extérieur (entreprises, restaurants…) .

- Ensuite les eaux sont dirigées dans 2 bassins d’aération. Des micro-organismes transforment la pollution carbonée, azotée et phosphorées. Un traitement complémentaire est effectué sur le phosphore avec du chlorure ferrique avec une norme en sortie de 1 mg/l autorisé. - - Puis passage dans 2 clarificateurs  de 7600 m3 chacun , le rôle de cette décantation est d’assurer la séparation de l’eau et des boues.  L’eau traitée sort en haut par des goulottes puis part en mer dans la baie du SCALL. Cet émissaire a 5 km de canalisations terrestres et 1,1 km de canalisations en mer  de 80 cm de diamètre, à une profondeur de 13 mètres à son extrémité. Des prélèvements pour mesurer les Escherichia Coli sont effectués toutes les semaines avec un seuil de 100 000 par 100 ml. Les analyses de sédiments (dont des métaux lourds…etc) sont effectuées une fois par an au niveau des fonds marins(à l’extrémité de l’émissaire. Les analyses des prélèvements pour les Escherichia Coli sont confiées au laboratoire inovalys agréé par les ARS .  Tous les trimestres sont analysés les micropolluants.

Les boues sont épaissies puis traitées par injection de souches mycéliennes .Le cocktail de champignons spécifiques produit des enzymes facilitant la dégradation de la matière organique . Après passage dans deux centrifugeuses la siccité des boues est de 20% (puis après chaulage à 30% pour l’épandage agricole, sans chaux pour partir en compostage). Cela représente 3 200 tonnes par an en épandage et 2 200 tonnes  en compostage (sans chaux). Un plan d’épandage est soumis à autorisation préfectorale. Cet épandage est fait au printemps et à l’automne notamment sur les communes de St-Lyphard, Pénestin, Guérande et la Baule : l'épandage et l’enfouissement sont réalisés par les agriculteurs dans les 24h suivant la livraison qui est assurée par une filiale de la Saur.

Fonctionnement

L'usine fonctionne 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, de façon entièrement automatique. L'exploitation en a été confiée à la SAUR.
Au moment de notre visite,  le suivi était assuré par 3 personnes dont 2 chimistes spécialistes du traitement de l’assainissement. La nuit, il n'y a personne mais seulement une mise à disposition de personnel par astreinte au cas où une alarme se déclencherait.

320 postes de relevage sont identifiés sur le territoire  dont 145 dépendants de la STEP de LIVERY. Des surverses peuvent être identifiées par des événements pluvieux importants. C’est autant d’eau qui ne passe pas par la station d’épuration et sont rejetées directement à la mer du fait de la mauvaise étanchéité des réseaux d’eaux usées  publiques et privés dont le linéaire global est sensiblement équivalent mais dont la qualité de réalisation et d’entretien n’est pas comparable.(3 300 000 litres hors réseaux selon le rapport de la CCSPL).

Ces eaux parasites peuvent impactées le  rendement de la station tout en restant dans les limites réglementaires qui enregistre tout 24H/24 et 7 jours/7.

Il existe 24 stations d’épuration sur tout le territoire de CAP Atlantique.

 

La station de Pénestin va être refaite et passer sûrement de 12 000 eh à 17 000 eh pour fonctionner avec peut être  un système membranaire comme celle de ASSERAC

Le traitement de l'air vicié (H2S, NH3) est effectué dans des tours avec acide sulfurique, eau de javel et soude. 

      NB     -  les eaux usées peuvent être rendues potables comme à Achères ou utilisées pour les espaces verts, cependant ces utilisations sont très encadrées et soumises  aux avis des autorités sanitaires.

                - en cas de panne de la station (accident, explosion …), possibilité de stocker  plus de 20 000m3 d'eaux usées dans deux lagunes.

                - l'ensemble des stations de Cap A reçoit 7 700 000 m3 dont 3 300 000 m3 d'eaux pluviales.

              - les eaux usées sont plus chargées en déchets organiques l'été et le traitement à un meilleur rendement.

 

Visite très intéressante qui a duré 2h. Merci à Bertrand CRESPEL pour sa disponibilité. A RENOUVELER !

En sortant de la station, le sentiment très fortement partagé, est  qu’il se fait ici un travail de grande qualité. Nous avons été convaincus que les eaux rejetées dans l’océan (dans la baie du Scall) présentaient une bonne sécurité pour le littoral. (Dans les limites des connaissances et des savoir-faire d’aujourd’hui).

D’autre part, la crainte d’une pollution du Traict du Croisic par la station de Livery est totalement exclue de nos représentations, ce qui est très important.

Enfin, il faut se rappeler que les eaux pluviales ne bénéficient pas d’un traitement, mais qu’elles transportent directement jusqu’au littoral tous les déchets qu’on ne contrôle pas (lessivage des rues par exemple) et ceux dus à des branchements sauvages, mais c’est un autre sujet.

Pour enrichir nos connaissances, la prochaine étape sera la visite d’une station de production d’eau potable à partir de l’eau d’un fleuve.

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