Découverte de l'estran

BIEN COMPRENDRE L’ESTRAN .    Jo Juret

1- Définition :
C’est l’espace du littoral compris entre le niveau le plus bas et le niveau le plus haut de l’océan. Soit entre le niveau de BMVE  (Basse Mer de Vive Eau) et le niveau de HMVE ( Haute Mer de Vive Eau).

 Une marée de Vive Eau est encore appelée Grande marée, donc avec un fort coefficient. Par opposition, une marée de Morte Eau (BMME et HMME) est une marée à faible coefficient.

On dit encore que  l’estran est la zone de balancement des marées. Sa limite supérieure est le haut de plage et les «  laisses de mer ».

2- Le balancement des marées.
C’est donc un espace  marqué par l’alternance continue entre milieu aquatique et milieu aérien, entre immersion et émersion.
Les êtres vivant là, subissent en permanence  des variations de leurs conditions de vie, ce qui suppose des adaptations.

L’alternance a  lieu chaque jour, 2 fois par jour, avec des coefficients qui varient.

Dans chaque zone, les conditions diffèrent :
  HMVE    - - - - - - - - - - - - - -(marée haute de grande marée)
                                 (1)  Zone le plus souvent aérienne.
  HMME    - - - - - - - - - - - - - -
                                (2) Zone où tous les jours, 2 fois par jour, il y a alternance
                                   entre milieu aquatique- milieu aérien.

  BMME  - - - - - - - - - - - - - - -
                                 (3) zone le plus souvent aquatique.
  BMVE  - - - - - - - - - - - - - - - (marée basse de grande marée)

- Ces variations peuvent être accompagnées de conditions brutales et extrêmes :

*la force des vagues, le sable qui roule
*la température, le rayonnement solaire, la dessiccation,
*l’eau douce, la pluie, le gel,
*la profondeur de l’eau,
sans oublier tous les prédateurs ( à marée basse) dont nous faisons partie.

3- Les Etres Vivants dans cet espace sont ils aquatiques ou aériens ?
La vie est liée à 3 fonctions : l’Alimentation, la Respiration, la Reproduction.
Sauf les oiseaux qui fréquentent cet espace, tous les êtres vivants que vous rencontrerez, respirent dans l’eau, s’alimentent et se reproduisent dans l’eau.
Les algues comme les animaux trouvent dans le milieu aquatique les aliments qui leur sont nécessaires. Ils font partie de la chaîne alimentaire.
Mais comment supporter la marée basse ?
Ils doivent donc résoudre les problèmes fonctionnels liés au balancement.

4- Les algues.
- Elles sont fixées pour résister aux vagues,
- Pas de racine, elles puisent tout dans l’eau.
- Pas de fleurs, la fécondation entre éléments reproducteurs est liée au hasard. Ceux-ci sont libérés dans l’eau en grande quantité.
- A marée basse, les algues brunes sont protégées de la dessiccation par une couche de mucus, alors que les algues vertes sont plus fragiles et se développent dans les flaques.

5- Les animaux. ( quelques exemples)

  • Ceux qui sont fixés :
    • Exemple d’un mollusque bivalve : l’huître
    Le hasard total, fait que l’huître bénéficiera ou non d’un support favorable. Les larves portées par l’eau se fixent là où elles arrivent, et l’huître se développera si le support est dur (comme un rocher par exemple). Mais si c’est un rocher de la zone (1), elle ne sera pas souvent dans l’eau ! L’eau qu’elle enferme hermétiquement lui permet de survivre, de respirer mais pas de s’alimenter.
    Les conditions favorables à l’huître sont celles de la zone (2). Pour se reproduire, les huîtres mâles libèrent les spermatozoïdes et les femelles libèrent leurs ovules dans l’eau en grande quantité. Le hasard fera le reste.
  • Ceux qui sont libres :
    • La moule.
    Bien que fixée par des filaments qu’elle fabrique selon le besoin, elle est capable de se déplacer. Elle est soumise aux mêmes conditions que l’huître, et vit favorablement dans la zone (2).
    • Le bigorneau et les gastéropodes (nasses, gibbules, pourpres…) se protègent par un opercule, ferment la coquille et conservent de l’eau dans leur cavité respiratoire pour survivre pendant la marée basse. Ils peuvent aussi choisir une flaque qui leur permet de continuer à brouter les petites algues vertes. Ils fréquentent prioritairement la zone (2) propice au développement des algues.
    • La bernique (ou patelle, ou chapeau chinois) est aussi un gastéropode. N’ayant pas d’opercule, elle s’accroche très solidement au rocher par son pied qui fait ventouse, toujours au même endroit pour épouser totalement le rocher, afin de conserver l’eau pendant l’émersion. Pendant l’immersion,elle se déplace pour brouter les jeunes algues.
    • La palourde et les autres bivalves (coques, praires, couteaux…) s’enfoncent un peu plus dans le sable pour bénéficier du milieu humide.
    • Les vers, qui produisent les tortillons sableux, continuent à s’alimenter même à marée basse, protégés dans la profondeurs des sables vaseux riches en produits organiques nourriciers, dans la zone (2).
    • Les crustacés comme la crevette et  le crabe ne peuvent supporter longtemps le milieu aérien, ils restent dans les flaques ou sous un épais paquet d’algues. Pourquoi fréquentent-ils ce milieu ?...parce que la nourriture y est abondante.
    • Le Bernard-l’ermite,  crustacé qui a perdu la capacité de fabriquer une carapace protectrice, se protège au fond d’une coquille de gastéropode qu’il a peut-être dévoré.
    • Le talitre, ou pou de mer (c’est un crustacé semblable à la crevette), se nourrit des matières en décomposition, caché dans les laisses de mer qui lui procurent l’humidité nécessaire. Il fréquente aussi le sable de la plage, humide en profondeur.

6- Conclusion.
L’estran présente une très grande biodiversité.  Certaines espèces se sont installées récemment à l’occasion d’une modification des conditions (l’huître). Ce qui peut amener une modification de la chaîne alimentaire et donc une évolution de la biodiversité.

Les espèces qui vivent là ont des réponses au problème que pose le balancement des marées.

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